Au fil des témoignages et confidences recueillies en cœur à cœur pendant des heures, jours, semaines, mois, années, mon cœur s’est agrandi. Au fil des larmes recueillies, les torrents ont creusé des sillons, et j’ai vu dans le temps des rivières se rejoindre. Les rivières des larmes des jeunes femmes qui désiraient un enfant mais ne pouvaient accueillir la vie. Les rivières des larmes invisibles des enfants non accueillis. Les rivières des larmes des parents endeuillés par un deuil toujours cruel. Au croisement, l’amour en croix. Comme écartelée entre les mamans de cœur et les enfants sans hôte, avec pour exemple et inspiration comme étendard l’amour inconditionnel des mamans endeuillées, totalement abandonnées à la Sagesse de la Vie, j’ai ressenti l’invitation à offrir à ces derniers le regard aimant de toutes ces mamans de cœur qui n’ont pu offrir tout l’amour qui les habite et ne sait où aller.

 

De là est née cette simple proposition relayée sur www.bébédange.com : mettre en lien dans l’invisible les mamans de cœur et les bébés « sans mamans », non accueillis, rejetés.

 

L’idée est simple. Chaque jour des millions d’enfants s’envolent vers le ciel.

Depuis 2010 le planning familial estime le nombre d’avortements médicalisés à 56 millions par an[1], soit 153 424 enfants avortés chaque jour, l’équivalent de deux fois la ville de Cannes.

 

Des millions d’enfants partis car non accueillis, non regardés souvent. A côté de cela, des millions de femmes qui attendent la joie légitime d’être maman. Les réunir, c’est inviter une blessure à consoler une autre blessure. Ne dit-on pas que les cœurs qui se rejoignent sont ceux qui reconnaissent leurs blessures dans l’invisible ?

Il n'est pas question de poser un regard négatif sur les mamans qui n'acceptent la vie.

Il est question de consoler et apaiser.

 

Une maman de cœur peut donc choisir le jour, l’heure, le lieu qu’elle désire, et dire ses propres mots, ou par exemple : 

Toi qui aurais dû naitre et qu’on renvoie à cet instant vers l’infini, je t’accueille dans mon cœur, je te prends par la main, je te prends dans mes bras, et si tu veux bien, je deviens ta maman de cœur, et je te donne ce prénom… 

 

Si vous le souhaitez, vous pouvez confier ce prénom qui sera reproduit dans la petite chapelle ardente de l’église Sainte Jeanne d’Arc à Nice, sous forme de petit tableau prénom. Ainsi, les millions d’âmes non accueillies sauront qu’on les a regardées à défaut de les voir, et qu’elles sont tout autant dans le cœur de la création que dans celui d’une maman cœur qui lui aura dit : « oui ».

 

[1] www.planning-familial.org